Chaque jour, le temps ...

Tout content, Baptiste nous a apporté à l'école, un semainier qu'il a fabriqué avec sa maman, sur une idée du site "Les têtes à modeler". Chaque matin, il fait glisser une silhouette de souriceau, le long de l'échelle des jours, pour les nommer, reconnaitre leur écriture, mais aussi, prendre conscience qu'ils ne "restent" pas, que nous avançons avec eux, au rythme de la semaine qui nous structure, tous, depuis fort longtemps. En classe c'est aussi "Souriceau" qui avance sur un chemin, pour nous indiquer le "bon" jour.
Une occasion de s'arrêter un peu sur ce fameux "temps qui passe" ... qui semble revenir sans être pourtant le même ... Ou encore sur nous-même qui avançons, tout en nous transformant, chaque jour un petit peu ...
Pour vivre avec les autres, pour se souvenir, ou faire des projets stimulants, nous avons besoin de repères. Dès que nous les perdons, même légèrement, en vacances, dans la maladie ou le grand âge, nous nous sentons un peu bizarre, déconnecté.
C'est au troisième siècle de notre ère que les hommes ont abandonné les calendes romaines, pour répartir les jours en semaines. Sept jours portant le nom des sept planètes mobiles dans le ciel. On peut lire des explications ici
nous dit toujours un proverbe du Moyen-Age, inscrit sur un cadran solaire. Un autre proverbe chinois affirme :"Tu ne peux pas retenir le temps,
mais tu peux ne pas le perdre"
Nostalgie, pertes, changements, hâte d'être à plus tard ... Le temps qu'il soit long, court, bon ou "à tuer" ne laisse personne indifférent. Dans un ouvrage de Simone Weil, la philosophe, on peut lire que "jamais, en aucun cas, aucun effort d'attention véritable n'est perdu. (...) Si on cherche avec une véritable attention la solution d'un problème de géométrie et si au bout d'une heure, on n'est pas plus avancé qu'au commencement, on a néanmoins avancé, durant chaque minute de cette heure, dans une dimension plus mystérieuse"."Une table en pierres précieuses
et longue d'une coudée est une chose précieuse,
mais un instant du temps l'est bien davantage."
Cette dimension-là, on pourrait la nommer concentration, intériorité ou encore capacité d'émerveillement ... C'est elle, en partie, qui peut nous aider à mieux "habiter" chaque jour et chaque heure.
Lily se souvient avoir déniché dans "Album de famille", un petit ouvrage de poésie de Pierre Autize, (Mai 1977- Édition Henri Pinson), un trésor qui dit avec les mots d'autrefois la merveille de l'instant ;
Un enfant court, un enfant rit
dans la ruelle aux souvenances,
je l'aperçois dans mes errances,
là-bas au fond de mes jeudis.Il s'éloigne dans le décor,
frôlant la crosse des fougères,
les heures lui sont étrangères,
le moment seul prend son essor.
Dans cet esprit de mieux vivre pleinement le temps, voici une phrase étonnante, à méditer, de Kevin Spacey dans "American Beauty" (reprise pour un titre de film en 2008) :
"Aujourd'hui est le premier jour du reste de votre vie"
Et vous, arrivez-vous régulièrement à vous absorber dans l'instant, ou fuyez-vous constamment le temps ? ...
Je vous souhaite du Bon Temps,
et particulièrement durant ce "pont",
- bien mal nommé -
des FÊTES.

Commentaires
" Chaque jour qui passe est un jour de trop , je plie déjà sous le fardeau , chaque jour qui passe est un jour de trop , est-ce que tu reviendras bientôt (...)" Michel Fugain .
On peut percevoir le temps comme un cercle , une ronde ou bien alors comme une route longue et sinueuse .
On peut percevoir le temps dans sa répétition inéxorable ou bien alors dans sa continuation , dans son élargissement continu .
On peut percevoir le temps comme une ritournelle ou bien alors comme une odyssée .
On peut compter le temps en jours ou bien en lunes .
Moi j'essaie continuellement de remonter le temps , pour faire autrement , pour réparer , pour éviter. Cela s'appelle les remords et les regrets .
"En mai, après la pluie le beau temps"... Une phrase que j'ai eu pour mission d'écrire sur ta page... et qui finalement ne me semble pas si mal tombée sous le billet du jour ! (Je te propose de participer au "tag de mai"...)
J'aime particulièrement l'extrait de Simone Weil. J'ai interrompu mes études courant décembre 2007, et pour la fin de cette année scolaire je n'avais aucun projet immédiat sinon de gagner un peu d'argent pour continuer à payer mon loyer. Une année où je n'ai donc pas fait grand chose si j'y réfléchis bien... et pourtant une année que j'ai malgré tout appréciée, riche de réflexions, et de cette "intériorité". Pour moi les moments d'inactivité sont peut être même les plus importants...
Il y a de cela quelques années maintenant, j'ai eu un accident et je suis restée immobilisée pendant 4 mois... Ce fut long, très long... Aujourd'hui, avec le recul je m'aperçois que cette période en dehors de tous repères sociaux "normaux" (travail, jours de congés...)ce "stop" obligé dans la course au temps m'a profondément changée... Je ne cours (presque) plus, je prends le temps, je m'écoute quand je le peux.. Il faut parfois des moments douloureux pour nous faire prendre conscience que nous ne sommes que de passage et que le temps va continuer après nous...
en ce qui me concerne sur le sujet du temps
je suis toujours étonnée
de me projeter en permanence dans le futur
c'est "tiens vivement dimanche prochain qu'on fasse ceci ou cela"
comme si le jour present ne comptait
pas vraiment
passe, futur ils ont beaucoup d importance
mais quel intérêt porter au temps présent?