S'il est un légume roi de la soupe en hiver, c'est bien le poireau ! Cette plante potagère, issue d'une variété d'ail originaire du Proche-Orient supporte effectivement bien les grands froids. Mais aussi la chaleur, puisque certains livres d'histoire nous révèlent que le pharaon Khéops offrait des bottes de poireaux pour récompenser ses meilleurs guerriers. C'est dire la richesse de cette plante, pourtant mal aimée des enfants !
Souvenirs d'enfance
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Le retour des vaches
À Bois-Mignon, sept ou huit vaches normandes et limousines, broutaient paisiblement dans trois pâturages. Dans le "Pré du cerisier", au-delà de la Sablière et du mince Glouglou, dans le "Pré des noyers" dans les fins-fonds de Chaillevie et aussi parfois dans le "Pré du grand peuplier", assez proche des habitations.
À dix-sept heures, lorsqu'elles se trouvaient dans les pâturages les plus éloignés, il fallait aller les chercher avec la chienne et un bâton. Il suffisait de choisir son arme légère parmi les trois toujours appuyées au mur intérieur de l'étable. Quant à Milou, la chienne, judicieusement surnommée Mi-louve par Tonton, toujours joyeusement elle répondait à l'appel.
L'appel des bêtes - Les poules
Dans les fermes autrefois, les gosses, dès leur plus jeune âge, étaient en contact avec des animaux, la plupart du temps à l'extérieur de la maison. Tout un univers de diversité à regarder vivre, simplement, au quotidien.
Chez Lily, une large baie vitrée sur trois côtés donnait sur la cour des poules avec au beau milieu la mare aux canards. Et il y avait aussi les vaches à aller chercher en fin d'après-midi, souvent jusque dans les fins-fonds de la commune. Une petite aventure !
Pour un tube de colle ...
Autour de ses neuf ans, Lily avait déniché dans la poubelle (extérieure) de tata Yvette, plusieurs morceaux d'une assiette cassée. Rôoh, quel dommage de jeter ça !...
Petit hollandais
Tous les quinze du mois, le Pépé de Lily se rendait à la foire de la ville en Mobylette. Il en rapporta un soir, à soixante-cinq ans passés, un paquet emballé et ficelé dans du journal. Avec une vague d'inquiétude dans les yeux, Alice le regardait déballer son emplette.
Toucher les feuilles
Grand-Père Antonin, le père de sa Mémé, vivait dans la maison de l'autre côté du hangar à bois, chez Yvette son autre fille ...
Le temps n'était pas encore si avancé que maintenant !... Mais les années 60 étaient cachées derrière un bouquet d'arbres, toutes proches.
Parce que certains souvenirs, parmi les plus anciens, acquièrent une valeur particulière, une cinquantaine d'années plus tard, quel bonheur la mémoire, lorsqu'elle dilate le cœur, cicatrice les plaies et laisse la tendresse s'installer ... Pour poursuivre le chemin, aujourd'hui !
Souvenirs d'automne
Elle avait toujours été appelée par un diminutif affectueux dans son enfance, Lily. À l'école, à partir de la huitième (*) - avant c'était "l'école à la maison" avec les cours Legendre - il fallut s'habituer à être appelée par son prénom et parfois même par le nom de famille ajouté dans la foulée. Les premiers jours, elle en ressentit un petit froid au-dedans d'elle, la sensation que que sa vie ne serait plus la même.
"L'école, ben, ça sert à se séparer de ses parents", avait exprimé un jour une élève dans un débat … Jolie réflexion d'une enfant de cinq ans !
"À chaque châtaigne qui tombe, je sursaute, je crois que c'est ma Lily, mais pas de Lily, seulement l'automne et sa mélancolie … C'est la vie, plus ça ira, plus tu partiras. Mais je ne m'y habitue pas encore", avait dit sa mémé en sarclant, assise sur un tabouret, les longs rangs du champs de fraises. Une petite brume avait doucement troublé les paillettes vertes de ses yeux. Bien sûr, c'est la vie !…
(*) Avant 68, les classes primaires étaient nommées de la même façon qu'au collège en descendant ou en remontant jusqu'à la onzième. Quelqu'un avait dit un jour à Lily qu'il existait même une douzième et une treizième ..."Oh, la la ! J'le crois pas, s'était-elle exclamée, riant de bon cœur. Et pourquoi pas une quatorzième et une quinzième ?!"Mobylette et vieux lavoir
De sa Mémé, elle a jeté à plusieurs reprises des souvenirs, des anecdotes dans la marmite de cette "Soupe au caillou". Il fallait donc bien qu'elle évoque aussi son Pépé, Hollandais, né en 1904 en Allemagne pour raisons économiques, réfugié en Hollande lors de la première guerre mondiale, puis arrivé en France au moment de la grande crise de 1929. Un homme plusieurs fois déraciné, veuf, un peu rude et bien trop secret ...
Le poids de la lune
Ol est pas lourd la lune,
Moé, i lé vue quèques foé,
Juste sur une feuille.
Dès foé, la feuille la porte !
Petits cailloux blancs de la mémoire
Après la plage, les rochers, petit détour imaginaire par le Bocage Vendéen, là où, dans les premières années du vingtième siècle, sa grand-mère avait vu le jour. La mémoire des chouans y était encore vivace, mais surtout le sentiment d'être différents des autres Vendéens de la Plaine ou du Marais. Pas de mésalliances possibles à l'époque, car les paysans du Bocage tout en étant plus pauvres ressentaient une grande fierté.
Pour Lily, les contes, historiettes, anecdotes de Vendée et principalement de ce coin autour de Mouchamps, constituent son trésor d'enfance, bien qu'elle n'y ait jamais vécu et seulement mis les pieds une fois. Tout simplement grâce à la magie des premiers récits entendus alors qu'elle portait des socquettes et des couettes !
Glaïeuls sur le vieux saloir
Des fleurs qui évoquent pour Lily des souvenirs, une personne ...
Quant au saloir, ou au charnier comme disait sa mémé, elle l'avait toujours connu dans la cave, inutilisé, durant son enfance. Depuis des années, maintenant, elle aime le voir avec des plantes retombantes ou un bouquet posé dessus.
Les batteries ou l'importance d'un sourire
Courant juillet, durant sa petite enfance dans les années 60, (jusque vers 66), venait la fête des "batteries".
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